Alco, l’aventure américaine

Alco : la reconnaissance vient d’Amérique

Berliet - Alco : l'aventure américaine (IDB004)

Au début du XXe siècle, la France et l'Allemagne ont une bonne longueur d'avance dans le domaine de la construction automobile. Tous les constructeurs européens importants avaient un hall d'exposition sur la 5e Avenue à New York, y compris Berliet. Lorsque l'American Locomotive Company (ALCO) décide elle-même d'en produire, c'est tout naturellement vers ces deux pays que cette entreprise, très importante à l'époque, se tourne. Située à New York, elle résulte de la fusion, en 1901, de plusieurs constructeurs américains de locomotives. Son capital est de 50 millions de dollars; elle emploie 17000 personnes. 

Ses experts prennent contact avec Mercedes et Berliet en 1905. Leur choix se porte finalement sur la marque lyonnaise. La simplicité, la puissance et la solidité des modèles Berliet ont fait la différence, grâce notamment à une taille de moteur plus grosse, nécessaire aux parcours montagneux de la région. M. Pitkin, président d'ALCO, propose à Marius Berliet l'achat de la licence de fabrication des modèles de voitures 22, 24, 40 et 60 ch. Les deux industriels signent un contrat d'une durée de trois ans, qui prend effet le 1er juillet 1905. Il stipule le transfert de compétences et de savoir-faire, grâce à l'envoi de personnel français, la fourniture de pièces coulées et forgées, le paiement de royalties, en plus des 500000 francs or versés comptant...

C'est la reconnaissance pour Marius Berliet. En plus des ressources financières, le choix d'ALCO donne une crédibilité exceptionnelle à la marque lyonnaise. En abandonnant sur son logo la lettre B, c'est-à-dire l'initiale de son patronyme, au profit de la locomotive chasse-buffle, Marius Berliet affirme toute l'importance de ce contrat.

Dès 1908, ALCO aborde la construction de camions à partir de l'expérience acquise dans la voiture, ceci en dehors des accords de licence qui ont pris fin en juillet de la même année. La marque américaine s'inspire une nouvelle fois de modèles européens présentés aux Etats-Unis, dont un camion Berliet type L, importé en 1907. Mais l'aventure automobile d'ALCO ne durera pas. En 1913, la marque décide de supprimer son département automobile en raison d'une mauvaise organisation de la production, trop coûteuse et non rentable.

Pourtant la locomotive restera pour toujours l'emblème de Berliet, preuve de l'empreinte laissée à jamais dans l'entreprise par cette “aventure américaine“.